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alain de benoist - Page 86

  • L'univers esthétique des Européens...

    Le premier colloque de l'Institut Illiade, fondé en la mémoire de Dominique Venner, se déroulera le 25 avril 2015, à partir de 14 heures, à la Maison de la Chimie à Paris (28 Rue Saint Dominique, 7ème arrondissement).

    En consacrant ce premier colloque à « l’univers esthétique des Européens », l’Institut Iliade entend affirmer la singularité et la richesse de notre patrimoine commun. Pour y puiser la source et les ressources d’une affirmation sereine, mais déterminée, de notre identité européenne, aujourd’hui menacée par des civilisations autres.

    Avec les interventions d’Alain de Benoist (« L’art européen, un art de la représentation »), Slobodan Despot (« L’art européen et le sentiment de la Nature »), Christopher Gérard (« La beauté et le sacré »), Jean-François Gautier (« La polyphonie du monde »), Javier Portella (« La dissidence par la beauté ») et des présentations de hauts lieux européens (Duarte Branquinho, Adriano Scianca, Philip Stein, Marie Monvoisin).

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  • Se situer à la confluence des revendications nationales et sociales...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Alain de Benoist, cueilli sur Boulevard Voltaire et consacré à la situation politique créée par les succès électoraux du Front national...

     

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    « L’Union des droites ? Une vieille ritournelle qui ne s’est jamais concrétisée ! »

    Depuis les dernières élections départementales, de nombreux commentateurs politiques évoquent la naissance du tripartisme. Est-ce véritablement une nouveauté, sachant qu’après-guerre il y avait en France un quadripartisme (PC-SFIO-MRP-RPF) ?

    C’était à l’époque de la IVe République. Sous la Ve République, la vie politique s’est résumée à l’alternance régulière entre deux blocs dominés chacun par un grand parti. Ce système était favorisé par un mode de scrutin majoritaire à deux tours qui semblait exclure l’arrivée au pouvoir d’un troisième prétendant. Mais ce système ne fonctionne plus dès qu’un tiers parti conquiert de façon durable plus de 25 % de l’électorat. Nous y sommes.

    Le FN a remporté plus de cinq millions de voix au premier tour des dernières élections départementales, contre 3,3 millions au PS et 3,2 millions à l’UMP. Au second tour, dans les 1.109 cantons où il était présent, il a fait en moyenne 35 %, se positionnant même entre 45 et 50 % dans 99 cantons. Cette performance laisse prévoir des résultats encore meilleurs aux régionales, qui doivent se dérouler à la proportionnelle. On peut donc considérer qu’environ un électeur sur trois vote aujourd’hui en faveur du FN, ce qui confirme que nous sommes entrés dans l’ère du tripartisme : le système politique se structure désormais autour de trois formations principales, attirant chacune entre un quart et un tiers des électeurs.

    Dès l’instant où le FN est susceptible d’être présent au second tour de la présidentielle, tout change pour les deux autres partis. Si Marine Le Pen accède au second tour, l’un d’entre eux n’y sera pas. Chacun d’eux doit donc chercher à s’imposer à l’autre dès le premier tour, ce qui implique de changer complètement de tactique et, pour commencer, d’accélérer le processus de désignation de son candidat. Parallèlement, l’élimination du FN devient le but principal des deux autres partis, leur espoir étant de revenir au statu quo ante – alors même que ce sont leurs échecs répétés qui ont fait d’eux, à leur corps défendant bien sûr, les meilleurs sous-marins de la Marine nationale !

    Ce tripartisme actuel ne serait-il pas finalement un nouveau bipartisme déguisé (FN contre UMPS) qui transcenderait définitivement le vieux clivage droite/gauche ?

    Le tripartisme ne peut être que provisoire. On ne connaît en tout cas aucun pays occidental de tradition bipartite où, depuis un siècle, un nouveau parti soit parvenu à exercer le pouvoir. Mais comment faire émerger un nouveau bipartisme ? Marine Le Pen se présente déjà comme seule alternative possible à « l’UMPS ». Mais il faut aussi noter que l’UMP recouvre en réalité deux partis : un parti conservateur souverainiste et un parti centriste libéral. Ces deux éléments ne tiendront pas longtemps ensemble. Il en va de même du PS, qui associe un parti social-libéral et un parti social-démocrate (les « frondeurs »). La logique voudrait que les libéraux de « droite » et de « gauche » se regroupent à terme, et que les souverainistes de l’UMP rejoignent le FN. On y gagnerait en clarté.

    À ce titre, quid de la fameuse « Union des droites », vieille antienne des milieux « nationaux » qui n’a jamais vu le jour, contrairement à l’Union de la gauche qui avait amené François Mitterrand au pouvoir, tout en réduisant l’allié communiste à l’état que l’on sait ?

    L’Union des droites est une vieille ritournelle qu’on entend depuis un siècle et demi, et qui ne s’est jamais concrétisée. L’idée sous-jacente est qu’en dépit de divergences mineures, toutes « les droites » pensent fondamentalement la même chose, ce qui est parfaitement faux. Pour le Front national, d’ailleurs, s’allier à droite, mais avec qui ? Sarkozy s’est déjà déclaré prêt à engager contre le FN une « lutte à mort ». Alors, s’allier avec Christine Boutin ? Avec Dupont-Aignan ? Pour gagner 0,05 % des voix ? Marine Le Pen a au contraire tout intérêt à se situer en dehors d’un clivage gauche-droite qui ne veut plus rien dire, et dont les classes populaires ne veulent plus entendre parler. Entre l’UMP, qui n’ose pas avouer qu’elle n’est plus gaulliste, et un PS qui n’ose pas avouer qu’il n’est plus socialiste, elle a tout intérêt à combattre simultanément ceux qui ont trahi la droite et ceux qui ont trahi la gauche, en récupérant d’un côté les déçus de la nation et de l’autre les déçus du socialisme. Son but principal à droite étant de plumer la volaille UMP, pendant que Manuel Valls, enfermé dans le cockpit, reste sourd aux cris des électeurs qui tambourinent à la porte.

    L’enracinement sociologique du FN (qui mobilise plus de 40 % du vote ouvrier) rappelle celui du Parti communiste à la fin des années 1960. Sa vocation majeure est de se situer au point de confluence des revendications nationales et des revendications sociales, ainsi que le gaullisme l’avait fait en son temps. C’est sans doute possible pour autant que Marine Le Pen se débarrasse définitivement des nostalgiques de tout poil et qu’elle résiste aux sirènes petites-bourgeoises qui voudraient la voir infléchir son programme économique et social dans un sens plus libéral.

    Alain de Benoist, propos recueillis par Nicolas Gauthier (Boulevard Voltaire, 15 avril 2015)

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  • A propos du Traité transatlantique...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien réalisé par Kontre Kulture avec Alain de Benoist à l'occasion de la sortie de son essai consacré au Traité transatlantique, actuellement en cours de négociation entre les Etats-Unis et l'Union européenne. Le Traité transatlantique et autres menaces a été publié en janvier 2015 aux éditions Pierre-Guillaume de Roux.

     


    Alain de Benoist présente son livre "Le Traité... par kontrekulture

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  • Retour sur les dernières élections avec Alain de Benoist...

    En marge d'une conférence sur le thème du Traité transatlantique, qu'il donnait le 1er avril 2015 devant le Cercle Afl Okkat de Strasbourg, Alain de Benoist a bien voulu commenter les résultats des dernières élections et l'actualité politique devant le micro de TV Libertés...

     

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  • La dette ?... Une machine devenue folle !...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Alain de Benoist, cueilli sur Boulevard Voltaire et consacré à la question de la dette...

    alain de benoist,turbocapitalisme,hollande,taubira,révolution

     

    « La dette ? Une machine devenue folle et proche de ruiner tous les États »

    La dette… La dette… La dette ! Elle obsède tout le monde, et c’est sans doute à juste titre. Mais comment en est-on arrivé là ?

    La possibilité offerte aux ménages d’emprunter pour couvrir leurs dépenses courantes ou acquérir un logement a été l’innovation financière majeure du capitalisme d’après-guerre. À partir de 1975, c’est ce qui a permis de compenser la baisse de la demande solvable résultant de la compression des salaires et de la précarité du travail. Le crédit a ainsi représenté pendant des décennies le véritable moteur de l’économie. Aux États-Unis, cette tendance a encore été encouragée dans les années 1990 par l’octroi de conditions de crédit de plus en plus favorables, sans aucune considération de la solvabilité des emprunteurs. Quand la crise financière de 2008 a éclaté, les États se sont encore endettés pour empêcher les banques de sombrer. La machine s’est alors emballée de façon telle que les États surendettés sont devenus prisonniers de leurs créanciers, ce qui a limité d’autant leur marge de manœuvre en matière sociale et politique. Aujourd’hui, ils se retrouvent pris dans un système usuraire, puisqu’ils n’ont d’autre alternative que de continuer à emprunter pour payer les intérêts de leur dette (la France emprunte, à cet effet, 50 milliards d’euros par an), ce qui augmente encore le montant de cette dette.

    Résultat : le volume total de la dette mondiale atteint aujourd’hui le chiffre faramineux de 200.000 milliards de dollars, soit 286 % du PIB mondial, contre 142.000 milliards de dollars en 2007. Et encore ne tient-on pas compte des dettes contingentes comme la dette bancaire ou celle des retraites à servir !

    La dette cumulée de tous les États atteint des niveaux stratosphériques. Les particuliers et les ménages savent bien pourtant que personne ne peut vivre perpétuellement à crédit…

    Il semble, en effet, préférable de ne pas dépenser plus que ce que l’on gagne. Mais le problème est qu’on ne peut assimiler le budget d’un État à celui d’un ménage. Un État est tenu de faire des investissements à long terme qui, ne pouvant être financés sur la base des seules recettes courantes, doivent obligatoirement l’être par l’emprunt. Les nations, en outre, ne sont pas des êtres mortels : un pays ne fait pas faillite à la façon d’une entreprise ou d’un particulier. Enfin, quand il emprunte, un État n’engage pas sa propre fortune, mais celle de ses citoyens (il gage une partie de l’épargne des plus aisés plutôt que de la prélever par le moyen de l’impôt). Ce faisant, il se soumet, en revanche, aux marchés financiers. Le montant de la dette indique le degré d’aliénation de l’État.

    Tout le monde fait les gros yeux à la Grèce, en affirmant qu’elle « doit payer sa dette ». Michel Sapin dit même que, si elle ne la payait pas, cela coûterait 600 ou 700 euros à chaque Français. Mais que faire quand on ne peut pas payer ?

    Rappelons d’abord que, contrairement à ce que prétend la vulgate médiatique, l’envolée de la dette grecque est due pour l’essentiel à des taux d’intérêt extravagants et à une baisse des recettes publiques provoquée par des amnisties fiscales qui ont surtout profité à l’oligarchie. Quant à Michel Sapin, il dit n’importe quoi. Les prêts que la France a consentis à la Grèce sont, en effet, déjà comptabilisés dans la dette publique française, que la France n’a pas plus que la Grèce l’intention (ni les moyens) de payer. Il n’y a, en fait, aucun avenir pour la Grèce à l’intérieur d’une Union européenne qui cherche à constitutionnaliser les politiques d’austérité afin de museler la souveraineté populaire : comme l’a dit sans fard Jean-Claude Juncker, porte-parole des étrangleurs libéraux et subsidiairement président de la Commission européenne, « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » (sic). La Grèce n’a d’autre choix que de passer sous la table ou de la renverser, c’est-à-dire de faire défaut sur sa dette et de sortir de l’euro.

    Ceux qui font les gros yeux à la Grèce devraient essayer de comprendre que, si la morale est de mise en matière de dette privée (cf. l’allemand Schuld, « dette », et schuldig, « coupable »), elle ne l’est pas en matière de dette publique. Quand un État emprunte, il ne s’engage pas moralement, mais conclut un simple accord financier. La valeur de cet accord est subordonnée à des exigences politiques, en ce sens qu’aucun État ne peut saigner à mort son peuple au seul motif que les accords signés doivent toujours être respectés (pacta sunt servanda). L’économie de la servitude n’est, en effet, pas supportable : on ne saurait exiger d’un peuple qu’il rembourse une dette contractée dans le passé à ses dépens. Au demeurant, les exemples ne manquent pas qui montrent que l’obligation de rembourser une dette publique n’a jamais été considérée comme absolue. La dette de l’Équateur a été supprimée en 2008, celle de l’Islande en 2011. En Pologne, dès l’arrivée au pouvoir de Lech Wałęsa, en 1990, les créanciers de ce pays ont réduit sa dette de 50 %. Quand ils ont envahi l’Irak en 2003, les États-Unis ont épongé la dette irakienne pour assurer la solvabilité du pouvoir qu’ils venaient de mettre en place à Bagdad. Quant à l’Allemagne, elle ferait bien de ne pas oublier qu’après la guerre, le « miracle économique » allemand n’a été rendu possible que grâce à l’accord de Londres du 27 février 1953, qui a d’un trait de plume supprimé plus de la moitié de sa dette extérieure. C’est la meilleure preuve que, lorsqu’une dette devient insupportable, il n’y a pas d’autre solution que de l’annuler ou de la restructurer.

    Alain de Benoist, propos recueillis par Nicolas Gauthier (Boulevard Voltaire, 28 mars 2015)

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  • « Le libéralisme économique et le libéralisme "sociétal" procèdent tous deux d’une même matrice idéologique »...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Alain de Benoist, cueilli sur Boulevard Voltaire et consacré aux liens qui unissent libéralisme et idéologie du progrès...

    alain de benoist,turbocapitalisme,hollande,taubira,révolution

     

    « Il faut être d’une naïveté confondante pour tenir le système capitaliste pour conservateur ! »

    On se souvient de la déclaration de François Hollande quand il était en campagne électorale : « Mon ennemi, c’est la finance ! » Aujourd’hui, elle est apparemment devenue son amie, comme en témoigne l’arrivée aux manettes du banquier Emmanuel Macron. Quant à la loi portant le nom de ce dernier, le MEDEF devait en rêver, le PS l’a faite. Cela vous surprend ?

    Pas du tout. Depuis qu’il s’est officiellement rallié, sinon à la société de marché, du moins au principe du marché, en 1983, le PS n’a fait que dériver toujours plus loin vers un libéralisme social… de moins en moins social. Cela confirme et illustre le propos de Jean-Claude Michéa, selon qui le libéralisme économique et le libéralisme « sociétal » ou culturel sont voués à se rejoindre, puisqu’ils procèdent tous deux d’une même matrice idéologique, à commencer par une conception de la société perçue comme une simple addition d’individus qui ne seraient liés entre eux que par le contrat juridique ou l’échange marchand, c’est-à-dire le seul jeu de leurs désirs et de leurs intérêts.

    « Le libéralisme économique intégral (officiellement défendu par la droite) porte en lui la révolution permanente des mœurs (officiellement défendue par la gauche), tout comme cette dernière exige, à son tour, la libération totale du marché », écrit encore Michéa. Inversement, la transgression systématique de toutes les normes sociales, morales ou culturelles devient synonyme d’« émancipation ». Des slogans de Mai 68 comme « Jouir sans entraves » ou « Il est interdit d’interdire » étaient des slogans typiquement libéraux, interdisant de penser la vie humaine selon son bien ou selon sa fin. La gauche, aujourd’hui, donne d’autant mieux dans le libéralisme sociétal qu’elle s’est entièrement convertie au libéralisme économique mondialisé.

    Le néo-capitalisme financiarisé et mondialisé, que certains s’entêtent à considérer comme « patriarcal et conservateur », ne serait-il pas finalement plus révolutionnaire que notre « socialisme » français, manifestement à bout de souffle ?

    Il faut être d’une naïveté confondante pour voir dans le système capitaliste un système « patriarcal » ou « conservateur ». Le capitalisme libéral repose sur un modèle anthropologique, qui est celui de l’Homo œconomicus, un être producteur et consommateur, égoïste et calculateur, censé toujours chercher à maximiser rationnellement son utilité, c’est-à-dire son meilleur intérêt matériel et son profit privé, et sur un principe ontologique qui est celui de l’illimitation, c’est-à-dire du « toujours plus » (toujours plus d’échanges, toujours plus de marché, de profits, etc.). Cette propension intrinsèque à la démesure le conduit à considérer tout ce qui peut entraver l’extension indéfinie du marché, la libre circulation des hommes ou la marchandisation des biens comme autant d’obstacles à supprimer, qu’il s’agisse de la décision politique, de la frontière territoriale, du jugement moral incitant à la mesure ou de la tradition qui rend sceptique vis-à-vis de la nouveauté.

    N’est-ce pas en cela que le système capitaliste rejoint l’idéologie du progrès ?

    Marx avait déjà constaté que l’avènement du capitalisme avait mis un terme à la société féodale traditionnelle, dont il avait noyé toutes les valeurs de solidarité communautaire « dans les eaux glacées du calcul égoïste ». Observant que la montée des valeurs bourgeoises s’était opérée au détriment des valeurs populaires comme des valeurs aristocratiques (« tout ce qui avait solidité et permanence s’en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané »), il écrivait que « la bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner en permanence les instruments de production, donc les conditions de production, donc l’ensemble des rapports sociaux ». C’est à ce titre qu’il parlait du « rôle éminemment révolutionnaire »» joué au cours de l’Histoire par le capitalisme, à commencer par l’expulsion des paysans des sociétés rurales par un processus de dépossession de masse qui a vu la destruction du lien immédiat entre le travail et la propriété, afin de créer un vaste marché où, transformés en salariés, ils achèteraient désormais les produits de leur propre travail.

    Plus proche de nous, Pier Paolo Pasolini disait que, du point de vue anthropologique, « la révolution capitaliste exige des hommes dépourvus de liens avec le passé […] Elle exige que ces hommes vivent, du point de vue de la qualité de la vie, du comportement et des valeurs, dans un état, pour ainsi dire, d’impondérabilité – ce qui leur permet d’élire comme le seul acte existentiel possible la consommation et la satisfaction de ses exigences hédonistes. » Le capitalisme libéral exige en effet des hommes hors-sol, des hommes interchangeables, flexibles et mobilisables à l’infini, dont la liberté (à commencer par la liberté d’acquérir, d’échanger et de consommer) exige qu’ils soient déliés de leurs héritages, de leurs appartenances et de tout ce qui pourrait, en amont d’eux-mêmes, les empêcher d’exercer leur « libre choix ». Dans cette perspective, rompre avec les traditions héritées du passé, rompre avec l’humanité antérieure équivaut nécessairement à un bien. D’où l’inconséquence tragique de ces conservateurs ou « nationaux-libéraux » qui veulent à la fois défendre le système du marché et des « valeurs traditionnelles » que ce système ne cesse de laminer.

    Alain de Benoist, propos recueillis par Nicolas Gauthier (Boulevard Voltaire, 25 mars 2015)

     

     

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